E/ Art, peinture et Tour Eiffel

La Tour Eiffel

 

Oeuvres peintes

Le poids

 

 

Une nouvelle beauté surgit avec l´apparition de la technologie nécessaire à l´édification du siècle à venir. Les ingénieurs, les architectes créent des mondes infinis, et la Tour Eiffel, même si elle est contestée, semble superbe à tous les artistes et certains s´en serviront comme emblème.

            Cependant, très peu de peintres ont pris pour modèle la Tour Eiffel, ou s’y sont intéressés avant la Première Guerre Mondiale. On pourra citer Seurat, le Douanier Rousseau, Chagall ou encore Delaunay. Pour Seurat dès 1888 la Tour est l’objet du tableau alors qu’elle n’est pour le Douanier Rousseau qu’un élément du décor en 1890 dans un portrait de lui.

 

    Rousseau     Seurat

Document 1: Tableaux de Rousseau et de Seurat

 

 

 

Il est à souligner, comme l’a fait remarquer Meyer Shapiro en 1935, qu’il existe une ressemblance formelle entre l’art de Seurat et la Tour Eiffel : "La construction de cet immense monument à partir de petites parties isolées conçues chacune pour sa place et formant ensemble, (…), un seul ensemble aérien d’une simplicité et d’une élégance de formes frappantes n’était pas sans analogie avec son art propre, où d’innombrables unités minuscules s’additionnaient en une grande forme claire qui conservait l’aspect de légèreté immatérielle évident dans les parties plus petites". Une peinture très aérée et forte pour un modèle, La Tour, très aérée et forte également.

 

C’est Robert Delaunay qui permettra l’avènement de La Tour comme objet pictural, et cela vingt ans après son achèvement, en peignant d’elle toute une série de toiles à partir de 1909 jusqu’à 1926. Il montre des Tours colorées, rouges, jaunes, orange ou vertes qui repoussent les maisons environnantes tristement grises du Paris de l’époque.

Robert Delaunay a 4 ans quand elle est inaugurée, et 25 quand il commence à la peindre. Il s’intéresse au mouvement, à la lumière et à la vie moderne. Il la représente une trentaine de fois, toujours sous une lumière et un angle différents. La «géante» se prête à ses recherches sur les contrastes simultanés de la couleur. Comme un peintre cubiste, il fait entrer dans sa toile toutes ses facettes. A travers la structure ajourée du monument, il fait vibrer la lumière en de multiples éclats. De face, de biais, en plongée et contre-plongée, 300 mètres de hauteur entrent dans la toile du peintre…

Il faudra donc la constance de Delaunay et la curiosité des surréalistes pour que cette "belle inutile" devienne enfin un motif.

 

Tour Eiffel - Art
Tour Eiffel - Art
Document 2: La Tour Eiffel (1909)
Document 3: La Tour Eiffel (1910)
Tour Eiffel - Art
Tour Eiffel - Art
Document 4:Tour (1910)
Document 5:Tour Eiffel (1911)
Tour Eiffel - Art
Tour Eiffel - Art
Document 6: La Tour (1911)
Document 7:Tour Rouge (1912)
Tour Eiffel - Art
Tour Eiffel - Art
Document 8: Soleil, Tour, Aéroplane (1913)
Document 9: La Tour simultanée
Tour Eiffel - Art
Tour Eiffel - Art
Document 10: La Tour Eiffel aux arbres (1910)
Document 11: La Tour Eiffel (1909)
Tour Eiffel - Art
Tour Eiffel - Art
Document 12: La Tour aux rideaux (1911)
Document 13: La Tour Eiffel (1911)
Tour Eiffel - Art
Document 14: La Tour Eiffel (1926)

 

A présent, essayons d’analyser quelques toiles de Delaunay. Cependant, pour cela, il faut bien comprendre que cette série de toiles peinte par Delaunay est caractéristique de la période « destructive » du peintre. Et c’est à l’aide de son cubisme coloré qu’il nous annonce déjà l´orphisme.

 Pour parler de son œuvre qui date de 1911, La Tour, on y trouve le sens de la motion très rapide, presque staccato, si l’on veut comparer son œuvre avec de la musique. Delaunay a usé de cet effet pour utiliser des points de vue différents, comme les cubistes, et pour peindre la tour, les bâtiments, les arbres, et les nuages fragmenté au lieu d´un ensemble rigoureux. La Tour semble alors trembler et les bâtiments, les arbres et les nuages qui l´encerclent provoquent ces vibrations autour d’elle.

Mais la peinture qui fait ressortir le plus l’image que les peintres avaient de cette Tour au début du XXème siècle est sans doute, la dernière toile présentée, qui date de 1926. En effet, sur cette peinture, Delaunay nous montre la Tour Eiffel de trois quarts, parsemée de couleurs comblant les vides de sa structure en treillis, comme si le manque à combler devait se faire par tout un chacun, d’où l’utilisation de différentes couleurs vives le long de la Tour. Et lorsque nous vient à l’idée de suivre ce canevas de couleur, le sommet de cette tour de mille pieds nous semble plus éloigné que jamais ; comme si son peintre avait voulu que l’on voit à travers cette Tour Eiffel, une tour de Babel qui a su renaître de ces cendres, aussi colorée qu’un phénix…

Ainsi, c’est lors de sa période « destructive », que Delaunay décide de tirer le portait de cette tour, n’hésitant pas à jouer avec son observateur, en la dissimulant derrière des feuilles, la faisant apparaître derrière des rideaux, derrière une farandole de couleurs, ou bien encore jouer avec sa forme, la défigurant comme un banal objet de foire, comme si il s´ ’était longuement imprégné des nombreuses critiques voulant redessiner les plans de la Tour Eiffel  pour changer son aspect grotesque… Mais Delaunay ne c’est certainement pas contenté de défigurer cette Tour du fait de son admiration aveugle envers celle ci ; il cherche également à laisser une trace de son passage dans le mouvement cubiste car, ces quatres faces maillées permettent une grande autonomie aux cubistes de ce XXème siècle ; notamment au niveau de leurs palettes colorées, à l’aide desquelles, ses artistes prennent un malin plaisir à combler les nombreux vides entre les poutres...

 

Comme nous l’avons cité, Marc Chagall né en 1887, est tout comme Delaunay, né avec la Tour Eiffel. C’était un peintre, dessinateur, graveur et décorateur qui a très vite été captivé par le monde artistique et inspiré par le cubisme. La tour Eiffel, œuvre d’art en elle-même, à la forme pyramidale quadrangulaire s’intégrera donc tout naturellement dans son oeuvre.

 

Tour Eiffel - Art
Tour Eiffel - Art
Document 15: Autoportrait aux sept doigts (1911)
Document 16: Paris (1912)
Tour Eiffel - Art
Tour Eiffel - Art
Document 17: Paris par la fenêtre (1913)
Document 18: Les fiancés de la Tour Eiffel (1913)
Chagall
Document 19: La Tour Eiffel (1934)

 

Dans Les fiancés de la Tour Eiffel, Chagall montre l’importance de la Tour Eiffel, dans la ville de Paris en la mettant en valeur par le soleil se réfléchissant sur sa structure car, quoi de plus beau que l’union de deux êtres… Et un mariage se devant d’être inoubliable, il faut le plus beau des paysages, paysage qui pour Marc Chagall prend en considération la « dame de fer », symbole d’une France forte et unie.

Quant à cette autre œuvre qu’est La Tour Eiffel (1934),  Chagall place la Tour Eiffel au centre de son tableau. Soucieux d´en atténuer la froide et métallique présence, il en estompe les contours au moyen de tons sourds et la flanque d´une figure aérienne, d´un flamboyant soleil et d´un arbre couvert de feuilles. Il emprunte même à l´imagerie poétique de son enfance villageoise russe, tel le coq violoneux pour donner à ce célèbre sujet son caractère surréaliste.

Ainsi, dans chacun de ses tableaux, Chagall, grand artiste contemporain, fait preuve de réalisme envers la Tour Eiffel, n’hésitant pas à faire ressortir son coté grandiose lui provoquant une cassure dès le 3ème étage signe d’un symbole qui  20 ans après sa construction, date à la quel elle aurait du être démonté, demeure toujours le centre de la fascination de Chagall pour les paysages urbains, paysage dans lesquels seul la Tour immortalise son œuvre et ou les couleurs efface les couleurs sobre du fer de la Tour pour laisser place à une fascination nationale à la vue de cette Tour.

 

 

 

La Tour dans l´imagerie populaire de nos jours

Le poids

 

De nos jours, 120 ans après la construction de la Tour Eiffel et la polémique qui entoura son effigie à ses débuts cette Tour apparaît comme symbole dans l´imagerie populaire ; ce qui lui permettra d’être reprise de nombreuses fois, et par de nombreuses enseignes afin de servir de logotype et d´image commerciale pour leurs entreprises.

Le club du PSG (équipe du Paris-Saint-Germain) va dès 1973 adopter l´image de la Tour Eiffel pour en faire l´emblème des maillots de ces joueurs. Elle est représentée de manière stylisée, en rouge sur fond bleu.
La Tour va alors très vite retrouver ses couleurs de l´exposition universelle de 1889 vu par Georges Garen dans son tableau intitulé Embrasement de la Tour Eiffel pendant l’exposition universelle de 1889

 

PSG

Document 20: Logotype du PSG (année 2002)

 

Mais, le club du PSG n’a pas été le seul à utiliser l’image de la Tour Eiffel pour se représenter. l´entreprise publique française « Aéroport de Paris » utilise actuellement comme logotype une Tour Eiffel portant des ailes, dont les contours apparaissent en bleus.

 

ADP

Document 21: Logotype d´ADP

 

De nombreux artisans reprennent également la Tour comme image de marque; par exemple, les fromagers de la société POULARD n´hésitent pas à remplacer le "A" de "POULARD" par une Tour Eiffel stylisée.

 

Poulard

Document 22: Logotype de Poulard

 

Ainsi, aujourd´hui, la Tour Eiffel n´est plus seulement un symbole d´idéologie et de Paris, mais elle est également un symbole d´une France fière de ses valeurs, où certaine sociétés n´hésitent plus à se faire représenter par ce que certains appelaient avant "Lampadaire tragique", ou encore "squelette de beffroi". La France affiche donc clairement son soutient à cette emblème nationale qu’est la Tour Eiffel.

 

 

 

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